La vacance locative est la période pendant laquelle un logement n’est pas loué, entre deux locataires ou avant la première mise en location. Sans donnée locale, provisionnez un mois de loyer par an, soit 8,3 % des loyers ; six semaines pour un studio étudiant ; deux mois dans une ville détendue. Sur un loyer de 800 €, chaque mois de vacance annuel coûte 67 € par mois de cash-flow. En France, 8,2 % des logements sont vacants (Insee, 2023), avec des écarts de 7 % dans les grandes agglomérations à près de 10 % dans les petites villes.
La vacance locative désigne le temps pendant lequel un logement destiné à la location reste inoccupé, sans loyer encaissé. Elle a deux origines : la vacance de rotation, entre le départ d’un locataire et l’arrivée du suivant, et la vacance initiale, entre l’achat (ou la fin des travaux) et la première signature. La première est normale et se provisionne ; la seconde se pilote.
À ne pas confondre avec les impayés : un locataire en place qui ne paie pas est un autre risque, couvert par une autre assurance, la garantie loyers impayés. La vacance, elle, n’est presque jamais couverte à un tarif intéressant, on y revient plus bas.
Un logement vide 30 jours dans l’année a un taux de vacance de 8,2 %. Trois semaines, 5,8 %. Deux mois, 16,4 %. Ce taux s’applique directement au loyer annuel dans le calcul de la rentabilité nette.
Il n’existe pas de statistique officielle de la vacance de rotation par ville. L’Insee mesure les logements vacants dans le parc total : 3,1 millions de logements, soit 8,2 % du parc en 2023, un chiffre en hausse de près de 1,2 million depuis 1990. Ce taux mélange les logements en attente de vente, en travaux, abandonnés ou entre deux locataires ; il ne décrit pas votre bien, mais il indique la tension d’un territoire : environ 7 % dans les grandes agglomérations, 9 à 9,6 % dans les petites villes et les zones rurales.
Pour une simulation, les repères pratiques sont les suivants :
| Situation du bien | Vacance à provisionner | En % des loyers |
|---|---|---|
| Sans donnée locale, tout type de bien | 1 mois par an | 8,3 % |
| Grande agglomération tendue, T2 ou T3 au prix du marché | 2 à 3 semaines par an | 4 à 6 % |
| Studio ou T1 étudiant (rotation annuelle) | 6 semaines par an | 12,5 % |
| Colocation par chambre (rotations décalées) | 1 mois par chambre et par an | 8,3 % |
| Ville moyenne ou petite ville, marché détendu | 2 mois par an | 16,7 % |
| Première année, bien avec travaux | ajouter 1 à 3 mois de vacance initiale | — |
La meilleure donnée reste celle que vous produisez vous-même : un test d’annonce de cinq à sept jours sur les portails, en comptant les contacts. C’est la méthode décrite dans le guide sur la tension locative. Trente réponses en une semaine, la vacance sera courte ; trois réponses, prévoyez deux mois, ou passez votre chemin.
La vacance se traduit en euros de deux façons : un loyer qui n’entre pas, et des dépenses qui continuent. Pendant un mois vide, vous payez quand même la mensualité, l’assurance, la taxe foncière, les charges de copropriété, et parfois les énergies pour les visites.
| Loyer mensuel | 1 mois de vacance par an | 6 semaines | 2 mois |
|---|---|---|---|
| 600 € | − 50 € / mois | − 75 € / mois | − 100 € / mois |
| 800 € | − 67 € / mois | − 100 € / mois | − 133 € / mois |
| 1 000 € | − 83 € / mois | − 125 € / mois | − 167 € / mois |
Sur l’exemple qui traverse nos guides, un appartement à 126 000 € tout compris loué 780 €, le cash-flow avant impôt passe de − 143 € sans vacance à − 208 € avec un mois, et à − 273 € avec deux mois. En rendement, un mois de vacance retire 0,6 point à un brut de 7,4 %. Ce n’est pas la vacance qui rend un projet mauvais, c’est la vacance non prévue : elle transforme un effort mensuel accepté en découvert bancaire.
D’où l’intérêt de la simuler explicitement. Le simulateur de rentabilité locative a un champ dédié, en mois par an, et recalcule aussitôt le cash-flow, l’impôt (moins de loyers, moins d’impôt) et l’enrichissement net. Passez-le de 1 à 2 mois : si le projet ne tient plus, c’est que la marge était trop mince.
Certaines assurances proposent de couvrir la vacance : elles versent une indemnité, en général plafonnée à quelques mois de loyer, après une franchise d’un à trois mois, à condition que le logement soit conforme, mis en location à un loyer « de marché » et que la vacance survienne après un départ (rarement pour une première mise en location). La prime se situe autour de 2 à 3 % des loyers annuels, souvent en complément d’une garantie loyers impayés.
Le calcul est vite fait : sur 9 600 € de loyers, la prime coûte 200 à 300 € par an, la franchise de deux mois n’est jamais indemnisée, et l’indemnité ne se déclenche que sur une vacance longue, celle qui traduit un problème de bien ou de prix. Autrement dit, l’assurance couvre la vacance que vous auriez dû éviter, pas celle que vous devez provisionner. Pour la plupart des bailleurs, une provision d’un mois de loyer par an sur un compte dédié protège mieux, et coûte moins cher. La garantie loyers impayés, elle, couvre un risque réel et rare, à environ 2,5 à 3,5 % des loyers.
Un logement vacant ne crée pas de loyer, donc pas d’impôt sur ce loyer ; mais les charges de la période restent déductibles au régime réel, en location nue comme en meublé, tant que le bien est proposé à la location. Gardez les preuves : annonces, mandats, échanges avec les candidats. En micro-foncier ou micro-BIC, l’abattement forfaitaire s’applique aux loyers effectivement encaissés ; la vacance réduit donc la base, sans autre mécanisme.
Dans certaines communes tendues, un logement vacant depuis plus d’un an peut être soumis à la taxe sur les logements vacants ou à la taxe d’habitation sur les logements vacants. Ce n’est pas le cas d’un bien entre deux locataires, mais c’est un rappel utile : la vacance longue coûte aussi en impôts locaux.
Estimer la vacance d’un quartier avant d’acheter, avec un test d’annonce plutôt qu’une moyenne nationale, fait partie des vérifications que l’on fait ensemble pendant la formation en investissement locatif : six mois, en 1:1, jusqu’au premier loyer.
La vacance de rotation se réduit surtout par l’organisation. Entre la lettre de congé et la signature du bail suivant, voici la séquence qui permet de relouer avant la fin du préavis dans une ville où la demande existe — celle qu’on applique sur les biens accompagnés.
| Jour | Action | Ce que ça évite |
|---|---|---|
| J0 : réception du congé | Réponse écrite au locataire, rappel des créneaux de visite prévus au bail, photos du logement occupé si présentable | Un mois de préavis perdu à attendre |
| J+2 | Annonce en ligne : 12 photos en lumière du jour, plan, loyer au prix des biens qui partent vite, date de disponibilité | Une annonce faible qui traîne trois semaines |
| J+3 à J+10 | Visites groupées deux créneaux par semaine, dossier complet demandé avant la visite (pièces d’identité, revenus, garant) | Des visites une par une et des dossiers incomplets |
| J+10 | Choix du dossier, bail envoyé en signature électronique, dépôt de garantie versé | Un candidat qui se rétracte faute d’engagement |
| Fin du préavis | État des lieux de sortie le matin, remise en état légère (48 h maximum), état des lieux d’entrée | Deux semaines de « petits travaux » entre deux baux |
Le point qui fait le plus gagner : préparer la remise en état avant la sortie, avec l’artisan réservé et les fournitures achetées, plutôt que de découvrir le logement le jour de l’état des lieux. Sur un loyer de 800 €, chaque semaine gagnée vaut 185 €. Sur un immeuble de plusieurs lots, le même protocole se décale : on ne fait jamais deux relocations le même mois si on peut l’éviter. Pour mesurer la demande avant d’acheter, la méthode de la tension locative ; pour chiffrer l’effet de la vacance sur un immeuble, la rentabilité d’un immeuble de rapport.
C’est la période pendant laquelle un logement mis en location n’a pas de locataire, donc ne produit aucun loyer : entre deux baux, ou entre l’achat et la première mise en location. Elle se mesure en jours par an ou en pourcentage du loyer annuel.
Sans donnée locale, un mois de loyer par an, soit environ 8 % des loyers. Comptez plutôt six semaines pour un studio étudiant, deux à trois semaines pour un T2 au prix du marché dans une grande ville tendue, et deux mois dans une ville dont le marché est détendu. Ajoutez la vacance initiale la première année si le bien a des travaux.
L’Insee comptait 3,1 millions de logements vacants en 2023, soit 8,2 % du parc, avec environ 7 % dans les grandes agglomérations et 9 à 9,6 % dans les petites villes et zones rurales. Ce chiffre inclut tous les logements vides, pas seulement ceux entre deux locataires : il décrit la tension d’un territoire, pas votre bien.
Divisez le nombre de jours sans locataire par 365 et multipliez par 100. Trente jours vides dans l’année donnent 8,2 % de vacance. Dans un calcul de rentabilité nette, on retire ce pourcentage des loyers annuels avant de retirer les charges.
Rarement. La prime représente 2 à 3 % des loyers, la franchise d’un à trois mois n’est jamais indemnisée et la garantie ne joue que sur une vacance longue, souvent liée à un loyer trop élevé ou à un bien peu attractif. Une provision d’un mois de loyer par an protège mieux dans la plupart des cas. La garantie loyers impayés, elle, couvre un autre risque.
Jours non loués sur l’année ÷ 365. Un logement vide 30 jours a un taux de vacance de 8,2 %, ce qui correspond à la provision standard d’un mois par an. Sur plusieurs années, faites la moyenne : un bien qui tourne tous les deux ans avec trois semaines de vide entre deux baux a une vacance de 2,9 %.
Oui en fréquence, pas forcément en durée : les baux meublés (un an, neuf mois pour un étudiant) tournent plus souvent que les baux nus (trois ans), mais dans une ville étudiante ou active, un meublé se reloue en quelques jours. Comptez six semaines par an sur un studio étudiant, un mois sur un T2 meublé, deux à trois semaines par rotation sur un T3 nu qui change de locataire tous les quatre ans.
Dans l’ordre : baisser le loyer de 5 % (un mois de vide coûte plus qu’un an de baisse), refaire l’annonce avec de vraies photos et un plan, élargir la cible (meublé au lieu de nu, ou colocation si le logement s’y prête), puis interroger deux agences sur les raisons. Si rien ne prend au bout de quatre mois, le problème n’est pas l’annonce : c’est le bien ou la ville, et la question devient celle de la revente.
L’outil : le simulateur de rentabilité locative, avec champ vacance · Mesurer la demande : la tension locative · Vue d’ensemble : l’investissement locatif, le guide complet.

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Comment réduire la vacance locative