Accueil
Salon d’un appartement meublé et lumineux, canapé clair, table en bois et plantes vertes

LMP : le statut de loueur en meublé professionnel, seuil par seuil

23 000 € de recettes et plus que vos autres revenus : au-delà, vous êtes loueur en meublé professionnel, que vous le vouliez ou non. Ce que ça change sur l’impôt, les cotisations, la plus-value et l’IFI — avec le tableau pour savoir où vous en êtes.

Par Kévin Autin · Publié le 19 septembre 2026

Photo d’illustration : Lisa Anna, via Pexels

L'essentiel

Le statut LMP s’applique automatiquement quand les recettes de location meublée du foyer dépassent 23 000 € et les autres revenus d’activité. Il apporte l’imputation des déficits sur le revenu global, l’exonération de plus-value professionnelle après cinq ans sous 90 000 € de recettes, et une protection sociale via les cotisations des indépendants (35 à 45 % du bénéfice, minimum ≈ 1 200 €/an). Il se prépare l’année d’avant : compte à la sécurité sociale des indépendants, expert-comptable, et calcul du bénéfice après amortissements.

En bref : le seuil LMP et ce qu’il déclenche

Le seuil : vous êtes loueur en meublé professionnel (LMP) lorsque vos recettes de location meublée dépassent 23 000 € par an et dépassent les autres revenus d’activité de votre foyer fiscal (salaires, pensions, BIC, BNC, BA, rémunérations de gérant). Les deux conditions sont cumulatives. Si l’une manque, vous restez loueur en meublé non professionnel (LMNP).

Le statut n’est pas une option : il s’applique de plein droit dès que les deux conditions sont remplies, et cesse dès que l’une ne l’est plus. L’inscription au registre du commerce, longtemps exigée, ne l’est plus depuis 2020. Ce qui change en passant LMP tient en quatre points : les déficits deviennent imputables sur le revenu global, les plus-values passent au régime professionnel avec une exonération possible, les cotisations sociales des indépendants remplacent les prélèvements sociaux, et l’IFI peut exonérer les biens sous conditions.

Pour un investisseur qui construit un parc en meublé, le passage en LMP arrive tôt : 23 000 € de recettes, c’est quatre T2 loués 480 € par mois. La question n’est donc pas « faut-il devenir LMP » mais « quand, et comment s’y préparer ». Pour le régime de base, voir le guide LMNP 2026.

Les deux conditions, et les pièges de calcul

ConditionCe qu’on compteLe piège fréquent
Recettes > 23 000 €Loyers charges comprises, TTC, de tous les meublés du foyer, sur l’année civileOublier les charges refacturées au locataire : elles comptent dans les recettes
Recettes > autres revenus d’activitéSalaires et pensions nets imposables, BIC, BNC, BA, revenus de gérant (art. 62), pour l’ensemble du foyerComparer aux revenus nets après impôt : la comparaison se fait sur les montants imposables
Appréciation par foyerUn couple marié ou pacsé additionne ses recettes et ses revenusUn conjoint salarié à 40 000 € repousse le seuil, même si l’autre ne travaille pas
Année par annéeLe statut s’apprécie chaque année ; on peut être LMP une année et LMNP la suivanteUne prime exceptionnelle ou une année de chômage font basculer sans qu’on l’ait décidé

Les revenus fonciers (location nue), les dividendes, les plus-values et les pensions alimentaires ne sont pas des revenus d’activité : ils n’entrent pas dans la comparaison. Un retraité dont la pension fait 20 000 € et les loyers meublés 24 000 € est LMP. Un salarié à 45 000 € avec 30 000 € de loyers meublés reste LMNP, quel que soit le nombre de biens.

La fiscalité du LMP : réel, amortissements et déficits

Le LMP est imposé dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, comme le LMNP. Le micro-BIC reste accessible sous 83 600 € de recettes pour la location meublée de longue durée (abattement de 50 %), mais un LMP est presque toujours au régime réel : c’est là que les amortissements et les déficits produisent leur effet.

  • Amortissements : le bâti (hors terrain), les travaux et le mobilier sont amortis par composants, exactement comme en LMNP. L’amortissement ne peut pas créer de déficit : la fraction non déduite est reportée sans limite de durée. Le détail est dans le guide de l’amortissement en LMNP.
  • Déficits : c’est la première différence. En LMNP, un déficit ne s’impute que sur les bénéfices de location meublée des dix années suivantes. En LMP, le déficit (hors amortissements) s’impute sur le revenu global du foyer, sans plafond, l’année même. Une année de gros travaux déductibles efface l’impôt sur le salaire du conjoint.
  • Cotisations sociales déductibles : les cotisations à la sécurité sociale des indépendants sont une charge déductible du bénéfice, contrairement aux prélèvements sociaux du LMNP.
  • Comptabilité : bilan, compte de résultat, liasse 2031, déclaration 2042-C-PRO. Un expert-comptable est quasi indispensable, et l’adhésion à un organisme de gestion agréé n’apporte plus d’avantage fiscal depuis 2023.

Le vrai coût du réel en LMP est donc le comptable (600 à 1 200 € par an) et le temps. Le vrai gain est l’imputation des déficits : sur un immeuble acheté avec 40 000 € de travaux déductibles, la première année peut ramener l’impôt du foyer à zéro. La simulation d’impôt sur les revenus locatifs compare micro-BIC, LMNP réel et les autres régimes sur vos chiffres.

Les cotisations sociales : le point qui change le calcul

Un LMNP paie 18,6 % de prélèvements sociaux sur son bénéfice depuis 2026, sans contrepartie. Un LMP est affilié à la sécurité sociale des indépendants et paie des cotisations sociales sur son bénéfice : maladie, retraite de base et complémentaire, invalidité, allocations familiales, CSG-CRDS. Le taux global se situe entre 35 et 45 % du bénéfice selon son niveau, avec un minimum d’environ 1 200 € par an même en déficit.

LMNPLMP
Prélèvements sur le bénéfice18,6 % de prélèvements sociaux35 à 45 % de cotisations sociales (déductibles)
En cas de déficit0 €Cotisations minimales (≈ 1 200 €/an)
ContrepartieAucuneTrimestres de retraite, indemnités journalières, couverture maladie
Bénéfice faible ou nul (phase d’amortissement)Presque rien à payerCotisations minimales, retraite validée
Bénéfice élevé (crédits remboursés)18,6 % + impôt au barème35 à 45 % + impôt au barème sur le bénéfice net de cotisations

Pendant la phase d’amortissement, où le bénéfice imposable est proche de zéro, le LMP coûte donc environ 1 200 € par an et valide des trimestres de retraite : c’est souvent un bon échange pour quelqu’un qui a quitté le salariat. Quand les crédits sont remboursés et que le bénéfice devient important, la note grimpe, et c’est le moment où la comparaison avec la SCI à l’IS ou une structure commerciale se pose. Le comparatif LMNP ou SCI chiffre ce point de bascule.

Attention : les recettes de meublés de tourisme (locations de courte durée) qui dépassent 23 000 € déclenchent l’affiliation sociale même en LMNP, depuis 2021. Le seuil de 23 000 € joue donc deux fois : pour le statut fiscal LMP, et pour l’affiliation sociale des loueurs en courte durée.

La plus-value en LMP : professionnelle, et parfois exonérée

C’est la différence la plus importante à long terme. Un LMNP relève du régime des plus-values des particuliers : abattements pour durée de détention, exonération totale après 22 ans (30 ans pour les prélèvements sociaux), et depuis 2025 réintégration des amortissements dans le calcul. Un LMP relève des plus-values professionnelles, avec une logique différente.

  • Exonération totale si l’activité est exercée depuis au moins cinq ans et que les recettes annuelles moyennes des deux dernières années sont inférieures à 90 000 € hors taxes (article 151 septies du CGI). Exonération partielle et dégressive entre 90 000 et 126 000 €.
  • Sans exonération, la plus-value se scinde : la part court terme (égale aux amortissements pratiqués) est imposée au barème de l’impôt sur le revenu et aux cotisations sociales ; la part long terme (au-delà) est imposée à 12,8 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 %.
  • Pas d’abattement pour durée de détention : à la différence du LMNP, attendre 22 ans ne sert à rien. Ce qui compte, c’est les cinq ans d’activité et le plafond de recettes.

Concrètement, un investisseur LMP depuis plus de cinq ans avec 60 000 € de recettes revend un immeuble amorti sans aucun impôt sur la plus-value — là où le même immeuble en LMNP, depuis 2025, subit l’impôt sur les amortissements réintégrés. À l’inverse, un LMP dont les recettes dépassent 126 000 € paie l’impôt sur les amortissements au barème plus les cotisations sociales : c’est le cas où le statut coûte cher à la sortie. Le mécanisme LMNP est détaillé dans le guide de la plus-value en LMNP.

IFI, transmission et les autres effets du statut

  • IFI : les biens loués en meublé par un LMP peuvent être exonérés d’impôt sur la fortune immobilière au titre des biens professionnels, à condition que l’activité soit exercée à titre principal, que les recettes dépassent 23 000 € et que le bénéfice net (et non les recettes) représente plus de 50 % des revenus professionnels du foyer. Cette dernière condition, appréciée sur le bénéfice après amortissements, est rarement remplie pendant la phase d’amortissement.
  • Transmission : l’activité de LMP est une activité commerciale ; elle peut, sous conditions strictes, bénéficier du pacte Dutreil sur les transmissions d’entreprise. Le montage se prépare avec un notaire et un expert-comptable, plusieurs années à l’avance.
  • TVA : la location meublée d’habitation reste exonérée de TVA, LMP ou non, sauf si des prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, ménage régulier, linge, réception) sont fournies.
  • Cumul avec un emploi : rien n’interdit d’être LMP et salarié, à condition que les recettes dépassent le salaire. Le statut n’impose aucune démarche de création d’entreprise au-delà de la déclaration de début d’activité (formulaire P0i) et de l’affiliation sociale.

Ce que le LMP ne change pas : les règles du bail meublé, les obligations du bailleur, les diagnostics, le dépôt de garantie et la fiscalité locale. Le choix nu ou meublé, en amont, est traité dans le comparatif location nue ou meublée.

LMNP ou LMP : le tableau pour décider

On ne choisit pas le LMP : on y arrive. Mais on peut anticiper le moment, et parfois le retarder ou l’accélérer en pilotant les recettes (loyers, nombre de lots, nu ou meublé). Voici ce que chaque situation implique.

SituationStatutConséquence principale
Salarié, 2 à 4 lots meublés, recettes < salaireLMNPAmortissements, prélèvements sociaux 18,6 %, plus-value des particuliers
Salarié, gros parc meublé, recettes > salaire et > 23 000 €LMPCotisations sociales des indépendants, déficits sur le revenu global
Retraité avec petite pension et 3 lots meublésLMP (souvent sans l’avoir voulu)Cotisations minimales, exonération de plus-value après 5 ans si recettes < 90 000 €
Investisseur ayant quitté le salariat pour vivre de ses loyersLMPProtection sociale et retraite via les cotisations ; c’est le statut naturel du rentier
Parc important détenu à plusieurs ou à transmettreSCI à l’IS plutôt que LMPLe LMP est exclu en SCI à l’IR ; comparer avec l’IS

Le point de vigilance est le passage involontaire : une année de chômage, un départ en retraite, une prime absente, et le foyer bascule en LMP avec des cotisations minimales à régler et une déclaration différente. L’inverse est vrai aussi : perdre le statut LMP l’année d’une revente fait perdre l’exonération professionnelle. Dans les deux cas, la seule protection est de faire le calcul chaque automne pour l’année suivante. Ceux qui construisent un parc pour en vivre trouveront le calcul d’ensemble dans le guide du rentier immobilier.

Questions fréquentes

Quel est le seuil pour devenir loueur en meublé professionnel ?

Deux conditions cumulatives : plus de 23 000 € de recettes annuelles de location meublée pour le foyer fiscal, et des recettes supérieures aux autres revenus d’activité du foyer (salaires, pensions, BIC, BNC, BA, rémunérations de gérant). Les revenus fonciers, les dividendes et les plus-values ne comptent pas dans la comparaison. L’inscription au registre du commerce n’est plus exigée depuis 2020.

Le statut LMP est-il un choix ?

Non. Il s’applique automatiquement chaque année où les deux conditions sont remplies, et cesse dès que l’une d’elles ne l’est plus. On ne peut ni opter pour le LMP en dessous des seuils, ni y renoncer au-dessus. On peut seulement piloter ses recettes (nombre de lots, nu ou meublé) pour anticiper le passage.

Combien coûtent les cotisations sociales en LMP ?

Entre 35 et 45 % du bénéfice imposable selon son niveau, avec un minimum d’environ 1 200 € par an même en cas de déficit. Pendant la phase d’amortissement, où le bénéfice est proche de zéro, le LMP coûte donc surtout ce minimum et valide des trimestres de retraite. Les cotisations sont déductibles du bénéfice.

Quelle est la différence de plus-value entre LMNP et LMP ?

Le LMNP relève des plus-values des particuliers, avec exonération après 22 ans et, depuis 2025, réintégration des amortissements. Le LMP relève des plus-values professionnelles : exonération totale après cinq ans d’activité si les recettes sont inférieures à 90 000 € HT, partielle jusqu’à 126 000 €. Au-delà, la part correspondant aux amortissements est imposée au barème plus cotisations sociales, le reste à 30 %.

Un LMP peut-il imputer ses déficits sur son salaire ?

Oui, c’est l’avantage propre au statut : le déficit de l’activité de location meublée professionnelle, hors amortissements, s’impute sans plafond sur le revenu global du foyer l’année où il est constaté. En LMNP, le déficit ne s’impute que sur les bénéfices de location meublée des dix années suivantes.

Faut-il créer une société pour être LMP ?

Non. Le LMP est un statut fiscal de personne physique : une déclaration de début d’activité (formulaire P0i) et l’affiliation à la sécurité sociale des indépendants suffisent. Une SCI à l’IR ne peut pas exercer l’activité (elle basculerait à l’IS) ; une EURL ou une SARL de famille sont possibles mais changent la fiscalité.

Un retraité peut-il être LMP sans le vouloir ?

Oui, et c’est fréquent : une pension de 20 000 € et des loyers meublés de 24 000 € remplissent les deux conditions. Le retraité doit alors s’affilier à la sécurité sociale des indépendants et régler au moins les cotisations minimales. En contrepartie, il bénéficie de l’exonération de plus-value professionnelle après cinq ans si ses recettes restent sous 90 000 €.

Sources

À lire aussi

Le régime de base : le statut LMNP en 2026 · Le choix en amont : location nue ou meublée · Vue d’ensemble : l’investissement locatif de A à Z.

FiscalitéLe statut LMNP en 2026Lire le guide →FiscalitéL’amortissement en LMNPLire le guide →FiscalitéLa plus-value en LMNPLire le guide →DéciderLMNP ou SCILire le comparatif →Vivre de ses loyersRentier immobilier : le calcul réelLire le guide →SimulerL’impôt sur les revenus locatifsLire le guide →
Kévin Autin, fondateur d'ImmoSuccess
Kévin Autin, fondateur d'ImmoSuccess
5 ans sur les chantiers tous corps de métier, puis mandataire immobilier, aujourd'hui investisseur. J'accompagne des investisseurs en 1:1 avec ImmoSuccess, de la stratégie au premier loyer, avec plus de 3 M€ d'opérations accompagnées.

Vous approchez du seuil et vous ne savez pas ce que ça va coûter ?

Vingt minutes pour poser vos recettes, vos revenus et vos amortissements, et voir si le passage en LMP vous aide ou vous pénalise.