Le statut LMP s’applique automatiquement quand les recettes de location meublée du foyer dépassent 23 000 € et les autres revenus d’activité. Il apporte l’imputation des déficits sur le revenu global, l’exonération de plus-value professionnelle après cinq ans sous 90 000 € de recettes, et une protection sociale via les cotisations des indépendants (35 à 45 % du bénéfice, minimum ≈ 1 200 €/an). Il se prépare l’année d’avant : compte à la sécurité sociale des indépendants, expert-comptable, et calcul du bénéfice après amortissements.
Le statut n’est pas une option : il s’applique de plein droit dès que les deux conditions sont remplies, et cesse dès que l’une ne l’est plus. L’inscription au registre du commerce, longtemps exigée, ne l’est plus depuis 2020. Ce qui change en passant LMP tient en quatre points : les déficits deviennent imputables sur le revenu global, les plus-values passent au régime professionnel avec une exonération possible, les cotisations sociales des indépendants remplacent les prélèvements sociaux, et l’IFI peut exonérer les biens sous conditions.
Pour un investisseur qui construit un parc en meublé, le passage en LMP arrive tôt : 23 000 € de recettes, c’est quatre T2 loués 480 € par mois. La question n’est donc pas « faut-il devenir LMP » mais « quand, et comment s’y préparer ». Pour le régime de base, voir le guide LMNP 2026.
| Condition | Ce qu’on compte | Le piège fréquent |
|---|---|---|
| Recettes > 23 000 € | Loyers charges comprises, TTC, de tous les meublés du foyer, sur l’année civile | Oublier les charges refacturées au locataire : elles comptent dans les recettes |
| Recettes > autres revenus d’activité | Salaires et pensions nets imposables, BIC, BNC, BA, revenus de gérant (art. 62), pour l’ensemble du foyer | Comparer aux revenus nets après impôt : la comparaison se fait sur les montants imposables |
| Appréciation par foyer | Un couple marié ou pacsé additionne ses recettes et ses revenus | Un conjoint salarié à 40 000 € repousse le seuil, même si l’autre ne travaille pas |
| Année par année | Le statut s’apprécie chaque année ; on peut être LMP une année et LMNP la suivante | Une prime exceptionnelle ou une année de chômage font basculer sans qu’on l’ait décidé |
Les revenus fonciers (location nue), les dividendes, les plus-values et les pensions alimentaires ne sont pas des revenus d’activité : ils n’entrent pas dans la comparaison. Un retraité dont la pension fait 20 000 € et les loyers meublés 24 000 € est LMP. Un salarié à 45 000 € avec 30 000 € de loyers meublés reste LMNP, quel que soit le nombre de biens.
Le LMP est imposé dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, comme le LMNP. Le micro-BIC reste accessible sous 83 600 € de recettes pour la location meublée de longue durée (abattement de 50 %), mais un LMP est presque toujours au régime réel : c’est là que les amortissements et les déficits produisent leur effet.
Le vrai coût du réel en LMP est donc le comptable (600 à 1 200 € par an) et le temps. Le vrai gain est l’imputation des déficits : sur un immeuble acheté avec 40 000 € de travaux déductibles, la première année peut ramener l’impôt du foyer à zéro. La simulation d’impôt sur les revenus locatifs compare micro-BIC, LMNP réel et les autres régimes sur vos chiffres.
C’est la différence la plus importante à long terme. Un LMNP relève du régime des plus-values des particuliers : abattements pour durée de détention, exonération totale après 22 ans (30 ans pour les prélèvements sociaux), et depuis 2025 réintégration des amortissements dans le calcul. Un LMP relève des plus-values professionnelles, avec une logique différente.
Concrètement, un investisseur LMP depuis plus de cinq ans avec 60 000 € de recettes revend un immeuble amorti sans aucun impôt sur la plus-value — là où le même immeuble en LMNP, depuis 2025, subit l’impôt sur les amortissements réintégrés. À l’inverse, un LMP dont les recettes dépassent 126 000 € paie l’impôt sur les amortissements au barème plus les cotisations sociales : c’est le cas où le statut coûte cher à la sortie. Le mécanisme LMNP est détaillé dans le guide de la plus-value en LMNP.
Ce que le LMP ne change pas : les règles du bail meublé, les obligations du bailleur, les diagnostics, le dépôt de garantie et la fiscalité locale. Le choix nu ou meublé, en amont, est traité dans le comparatif location nue ou meublée.
On ne choisit pas le LMP : on y arrive. Mais on peut anticiper le moment, et parfois le retarder ou l’accélérer en pilotant les recettes (loyers, nombre de lots, nu ou meublé). Voici ce que chaque situation implique.
| Situation | Statut | Conséquence principale |
|---|---|---|
| Salarié, 2 à 4 lots meublés, recettes < salaire | LMNP | Amortissements, prélèvements sociaux 18,6 %, plus-value des particuliers |
| Salarié, gros parc meublé, recettes > salaire et > 23 000 € | LMP | Cotisations sociales des indépendants, déficits sur le revenu global |
| Retraité avec petite pension et 3 lots meublés | LMP (souvent sans l’avoir voulu) | Cotisations minimales, exonération de plus-value après 5 ans si recettes < 90 000 € |
| Investisseur ayant quitté le salariat pour vivre de ses loyers | LMP | Protection sociale et retraite via les cotisations ; c’est le statut naturel du rentier |
| Parc important détenu à plusieurs ou à transmettre | SCI à l’IS plutôt que LMP | Le LMP est exclu en SCI à l’IR ; comparer avec l’IS |
Le point de vigilance est le passage involontaire : une année de chômage, un départ en retraite, une prime absente, et le foyer bascule en LMP avec des cotisations minimales à régler et une déclaration différente. L’inverse est vrai aussi : perdre le statut LMP l’année d’une revente fait perdre l’exonération professionnelle. Dans les deux cas, la seule protection est de faire le calcul chaque automne pour l’année suivante. Ceux qui construisent un parc pour en vivre trouveront le calcul d’ensemble dans le guide du rentier immobilier.
Deux conditions cumulatives : plus de 23 000 € de recettes annuelles de location meublée pour le foyer fiscal, et des recettes supérieures aux autres revenus d’activité du foyer (salaires, pensions, BIC, BNC, BA, rémunérations de gérant). Les revenus fonciers, les dividendes et les plus-values ne comptent pas dans la comparaison. L’inscription au registre du commerce n’est plus exigée depuis 2020.
Non. Il s’applique automatiquement chaque année où les deux conditions sont remplies, et cesse dès que l’une d’elles ne l’est plus. On ne peut ni opter pour le LMP en dessous des seuils, ni y renoncer au-dessus. On peut seulement piloter ses recettes (nombre de lots, nu ou meublé) pour anticiper le passage.
Entre 35 et 45 % du bénéfice imposable selon son niveau, avec un minimum d’environ 1 200 € par an même en cas de déficit. Pendant la phase d’amortissement, où le bénéfice est proche de zéro, le LMP coûte donc surtout ce minimum et valide des trimestres de retraite. Les cotisations sont déductibles du bénéfice.
Le LMNP relève des plus-values des particuliers, avec exonération après 22 ans et, depuis 2025, réintégration des amortissements. Le LMP relève des plus-values professionnelles : exonération totale après cinq ans d’activité si les recettes sont inférieures à 90 000 € HT, partielle jusqu’à 126 000 €. Au-delà, la part correspondant aux amortissements est imposée au barème plus cotisations sociales, le reste à 30 %.
Oui, c’est l’avantage propre au statut : le déficit de l’activité de location meublée professionnelle, hors amortissements, s’impute sans plafond sur le revenu global du foyer l’année où il est constaté. En LMNP, le déficit ne s’impute que sur les bénéfices de location meublée des dix années suivantes.
Non. Le LMP est un statut fiscal de personne physique : une déclaration de début d’activité (formulaire P0i) et l’affiliation à la sécurité sociale des indépendants suffisent. Une SCI à l’IR ne peut pas exercer l’activité (elle basculerait à l’IS) ; une EURL ou une SARL de famille sont possibles mais changent la fiscalité.
Oui, et c’est fréquent : une pension de 20 000 € et des loyers meublés de 24 000 € remplissent les deux conditions. Le retraité doit alors s’affilier à la sécurité sociale des indépendants et régler au moins les cotisations minimales. En contrepartie, il bénéficie de l’exonération de plus-value professionnelle après cinq ans si ses recettes restent sous 90 000 €.
Le régime de base : le statut LMNP en 2026 · Le choix en amont : location nue ou meublée · Vue d’ensemble : l’investissement locatif de A à Z.

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