Acheter un immeuble de rapport, c’est acheter plusieurs logements, une toiture, une façade et des baux en cours d’un seul coup. La méthode : sortir sept chiffres de l’annonce avant d’appeler, visiter tous les lots puis l’enveloppe, faire passer un couvreur et un électricien avant l’offre, recalculer l’immeuble aux loyers de marché, et négocier sur des devis. L’offre se fait avec des conditions suspensives précises, le financement intègre les travaux d’enveloppe, et les 90 premiers jours après l’acte décident de la rentabilité des dix suivantes.
Un immeuble de rapport se vend rarement comme un appartement. Les acheteurs sont moins nombreux, les vendeurs souvent des héritiers ou des bailleurs fatigués, les annonces plus approximatives, et les banques plus attentives. C’est précisément ce qui crée les bonnes affaires : là où le marché est moins liquide, celui qui sait chiffrer vite et proprement prend l’avantage. Ce guide déroule la méthode dans l’ordre réel des opérations. Pour la définition, les avantages et les risques de l’immeuble en tant que placement, voir le guide complet de l’immeuble de rapport.
Les portails grand public n’en montrent qu’une partie, et la moins intéressante : les immeubles que les agences ont déjà proposés à leurs investisseurs habitués. Les sources qui produisent des résultats demandent plus de travail et moins de concurrence.
| Source | Ce qu’on y trouve | Comment s’y prendre |
|---|---|---|
| Agences locales, service « patrimoine » ou « investisseurs » | Les immeubles de successions et de bailleurs qui arrêtent | Se présenter comme acheteur financé avec un critère clair (nombre de lots, budget, secteur), rappeler tous les quinze jours |
| Notaires | Successions, partages, ventes après tutelle, ventes interactives | Rendez-vous avec les études du secteur ; consulter les annonces immobilières des notaires et les enchères en ligne (immo-interactif) |
| Ventes aux enchères judiciaires | Immeubles saisis, souvent occupés et dégradés | Consulter le cahier des conditions de vente au tribunal, visiter au créneau imposé, prévoir le paiement en 60 jours sans condition de prêt |
| Démarchage direct | Immeubles repérés en marchant : volets fermés, boîtes aux lettres sans noms, façade négligée | Retrouver le propriétaire via le cadastre et le service de publicité foncière, écrire une lettre simple, sans promesse de prix |
| Réseau d’artisans, syndics, gestionnaires | Les immeubles dont le propriétaire ne suit plus les travaux | Le couvreur et l’électricien du secteur savent avant tout le monde qui va vendre |
| Portails (SeLoger, Leboncoin, Bien’ici) | Les immeubles déjà vus par tous | Alertes sur « immeuble », « ensemble immobilier », « lot de X appartements », y compris les annonces mal classées en « maison » |
Le bon critère de recherche n’est pas « immeuble de rapport forte rentabilité » — c’est le titre que mettent les vendeurs qui veulent vendre cher — mais un secteur précis, mesuré avec la méthode de la tension locative, et une typologie que le marché local absorbe : des T2 dans une ville étudiante, des T3 dans une ville de familles. Les analyses de villes du site donnent les ordres de grandeur, par exemple pour Chalon-sur-Saône, Mâcon ou Besançon.
Une annonce d’immeuble se traite en dix minutes, avec un tableau et sept questions. Si les sept réponses sont dans l’annonce, l’agent est sérieux. Si trois manquent, il faut les obtenir avant de se déplacer ; si le vendeur refuse de les donner, le déplacement est inutile.
À ces sept chiffres s’ajoute le calcul que vous faites vous-même, en trois lignes : loyers annuels divisés par le coût total (prix, frais de notaire, travaux estimés) pour le brut réel ; moins la taxe foncière, l’assurance, une provision d’entretien et 5 % de vacance pour le net ; moins la mensualité pour le cash-flow. Le simulateur de rentabilité locative le fait sur plusieurs lots et calcule l’impôt selon le régime. Sous 7 % brut sur coût total, on ne se déplace pas ; entre 7 et 9 %, on se déplace si une négociation est plausible ; au-dessus, on se déplace vite.
Une visite d’immeuble dure une heure et demie, pas vingt minutes. On demande à voir tous les lots, y compris les lots loués — un vendeur qui refuse l’accès à un logement cache soit un locataire difficile, soit un logement dégradé. On finit par les parties communes, les combles et la cave, parce que c’est là que se trouvent les 30 000 € que l’annonce ne mentionne pas.
| Où | Ce qu’on regarde | Ce qu’on note |
|---|---|---|
| Dans chaque lot | Fenêtres, salle d’eau, tableau électrique, traces d’humidité, état des sols, ventilation | Un budget par lot : « à relouer en l’état », « rafraîchissement 5 000 € » ou « rénovation complète » |
| Les combles | Sous-face de la toiture, charpente, isolation, traces de fuites anciennes, aménagement possible | Surface aménageable, hauteur, accès : un T2 de plus, ou pas |
| La cave et le rez-de-chaussée | Humidité, réseaux d’eau (plomb ?), tableau général, compteurs, colonne montante | Le nombre de compteurs et leur état : un compteur à créer coûte 1 000 à 2 000 € par lot |
| La façade et la zinguerie | Fissures, enduit qui se décolle, gouttières, descentes, appuis de fenêtre | Un échafaudage se loue une fois : on groupe façade, zinguerie et fenêtres |
| La cage d’escalier | Éclairage, garde-corps, largeur, état des marches, porte d’entrée et interphone | Ce que verra un futur locataire en premier, et ce qu’un assureur regardera après un accident |
| Le voisinage | Stationnement, commerces, bruit, état des immeubles voisins | La relocation dans six mois, pas l’état actuel |
On sort de la visite avec un budget en trois parties : les lots, l’enveloppe, les communs. On fait passer un couvreur et un électricien avant de faire l’offre, pas après le compromis : c’est le point qui change tout dans la négociation, et c’est la partie du travail que le guide des travaux détaille, devis par devis.
« Déjà loué, rentabilité immédiate » est l’argument le plus fréquent, et le plus trompeur. Vous reprenez les baux tels quels — loyer, durée, clauses, et parfois impayés — parce que la loi les transfère automatiquement à l’acquéreur. Un locataire en place depuis douze ans à 380 € dans un T2 qui en vaut 480 ne repartira pas, et son loyer ne pourra être réévalué qu’à la relocation, ou par la procédure de loyer manifestement sous-évalué au renouvellement.
Une négociation d’immeuble se gagne avec des documents. « Il y a des travaux » ne vaut rien ; « voici le devis de toiture à 28 000 € et le devis d’électricité à 6 000 € » vaut 34 000 €, et le vendeur le sait. L’offre s’appuie sur trois pièces : votre calcul de rentabilité, les devis d’enveloppe, et la simulation de financement.
L’offre d’achat est écrite, datée, limitée dans le temps (huit à dix jours), et précise les conditions suspensives : l’obtention d’un prêt au montant, à la durée et au taux maximal indiqués — la loi impose un délai minimal d’un mois, prenez quarante-cinq à soixante jours ; l’absence de servitude ou de procédure grevant l’immeuble ; et, si l’opération dépend d’une division ou d’un changement de destination, l’obtention de l’autorisation d’urbanisme. Une offre acceptée par écrit engage les deux parties : ne l’envoyez pas pour « voir ».
Deux réflexes qui font gagner de l’argent. Le premier : proposer au vendeur de garder les dépôts de garantie en échange d’une baisse équivalente, quand il y a plusieurs locataires anciens — c’est neutre pour vous, et psychologiquement plus facile pour lui. Le second : négocier les honoraires d’agence à la charge du vendeur dans l’acte, ce qui réduit l’assiette des frais de notaire. Ce que coûte un accompagnement sur cette phase, et ce qu’il rapporte en négociation, est chiffré dans le guide du prix d’un accompagnement.
Un immeuble, c’est un seul prêt, mais un prêt plus lourd, que la banque instruit avec plus d’attention. Elle regarde le taux d’effort après opération (35 % assurance comprise, loyers pondérés à 70 %), la durée (25 ans, 27 ans lorsque les travaux atteignent 10 % de l’opération), le reste à vivre, et la cohérence du projet : un dossier d’immeuble se présente lot par lot, avec les loyers de marché justifiés par des annonces comparables, les devis, et le calendrier de mise en location.
Avant de chercher, le simulateur de capacité d’emprunt donne le plafond en deux minutes ; la simulation de prêt compare 15, 20 et 25 ans sur le même immeuble. Le modèle de dossier bancaire est dans la boîte à outils.
Entre le compromis et l’acte, deux à trois mois. Le délai de rétractation de dix jours court à la réception du compromis. Le notaire vérifie les diagnostics de chaque lot, l’audit énergétique si l’immeuble est classé E, F ou G, les autorisations d’urbanisme des travaux passés (une division ancienne non déclarée se découvre souvent ici) et le transfert des baux et des dépôts de garantie. C’est le moment de relire chaque bail avec lui.
Le jour de l’acte, vous devenez bailleur de tous les lots. Les 90 jours qui suivent décident de la rentabilité des dix prochaines années.
Ce qui suit — gestion en direct ou par agence, suivi des loyers, révision annuelle — est traité dans le guide des frais de gestion locative. Et si vous préférez ne pas être seul entre l’annonce et l’acte, c’est exactement le périmètre de l’accompagnement ImmoSuccess : les devis avant l’offre, lot par lot.
Tout dépend du marché local. Dans les villes moyennes de Bourgogne-Franche-Comté ou d’Auvergne-Rhône-Alpes, un immeuble de trois à cinq lots se trouve couramment entre 150 000 et 350 000 € avant travaux, soit un prix au mètre carré souvent inférieur de 15 à 30 % à celui des appartements vendus séparément dans la même rue. Le bon repère n’est pas le prix total mais le coût total (prix, frais, travaux) rapporté aux loyers de marché.
Les baux et douze mois de quittances par lot, le montant des dépôts de garantie, les deux derniers avis de taxe foncière, les diagnostics de chaque lot et l’audit énergétique si l’immeuble est classé E, F ou G, les factures de toiture et d’électricité, le relevé des compteurs, et le règlement d’urbanisme si une division est envisagée. Un vendeur qui ne fournit pas les quittances n’a généralement pas de locataires qui paient.
Oui si les baux sont au prix du marché et payés, non si l’opération ne tient qu’avec les loyers en cours. Vous reprenez les contrats tels quels, y compris un loyer figé sous le marché depuis dix ans. Le test : recalculer l’immeuble aux loyers de marché et vérifier qu’il tient encore. Un immeuble vide bien financé est souvent une meilleure affaire qu’un immeuble « loué à 100 % » avec des baux anciens.
L’obtention du prêt au montant, à la durée et au taux maximal indiqués, avec un délai de 45 à 60 jours ; l’absence de servitude, d’hypothèque non purgée ou de procédure en cours ; et, si l’opération dépend de travaux soumis à autorisation (division, changement de destination), l’obtention de cette autorisation. On peut ajouter la remise des quittances et des dépôts de garantie avant l’acte.
Oui, avec un dossier qui tient : loyers de marché documentés, devis d’enveloppe joints, taux d’effort sous 35 % en pondérant les loyers à 70 %, et un reste à vivre suffisant. Les banques financent plus facilement un immeuble bien chiffré à 110 % qu’un appartement mal présenté avec apport. Certaines banques ne financent pas les immeubles : un courtier fait gagner du temps.
De la première annonce à l’acte, comptez trois à six mois : deux à quatre semaines entre la visite et l’offre (le temps de faire passer un couvreur et un électricien), dix jours de rétractation après le compromis, puis deux à trois mois pour le prêt et les vérifications du notaire. Les ventes aux enchères sont plus rapides mais sans condition de prêt.
Pas par principe. La SCI se justifie pour acheter à plusieurs ou préparer une transmission, pas parce que le bien est un immeuble. Elle bloque la location meublée si elle est à l’IR, et la SCI à l’IS change complètement le calcul de la plus-value à la revente. Le comparatif LMNP ou SCI détaille les cas où elle sert, et ceux où elle coûte.
Le socle : l’immeuble de rapport, le guide complet · Vue d’ensemble : l’investissement locatif de A à Z · Exemples chiffrés : les études de cas.

Vingt minutes pour sortir les sept chiffres ensemble et décider si ça vaut le déplacement.