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Le T3 rénové de l’immeuble de rapport de Kévin Autin

Acheter un immeuble de rapport : la méthode complète, de l’annonce à l’acte

Trouver l’immeuble, sortir les vrais chiffres, visiter lot par lot, négocier sur des devis et signer avec les bonnes conditions suspensives. Tout ce qui se passe entre « j’ai vu une annonce » et « j’ai les clés ».

Par Kévin Autin · Publié le 19 septembre 2026

Le T3 de mon immeuble de rapport après rénovation : acheté sur devis, pas sur l’annonce.

L'essentiel

Acheter un immeuble de rapport, c’est acheter plusieurs logements, une toiture, une façade et des baux en cours d’un seul coup. La méthode : sortir sept chiffres de l’annonce avant d’appeler, visiter tous les lots puis l’enveloppe, faire passer un couvreur et un électricien avant l’offre, recalculer l’immeuble aux loyers de marché, et négocier sur des devis. L’offre se fait avec des conditions suspensives précises, le financement intègre les travaux d’enveloppe, et les 90 premiers jours après l’acte décident de la rentabilité des dix suivantes.

En bref : ce qu’un achat d’immeuble a de différent

En une phrase : acheter un immeuble de rapport, c’est acheter en une seule fois plusieurs logements, une toiture, une façade et des baux en cours. La méthode d’achat d’un appartement s’applique, mais elle se répète lot par lot et s’ajoute d’un chiffrage d’enveloppe que personne ne fera à votre place.

Un immeuble de rapport se vend rarement comme un appartement. Les acheteurs sont moins nombreux, les vendeurs souvent des héritiers ou des bailleurs fatigués, les annonces plus approximatives, et les banques plus attentives. C’est précisément ce qui crée les bonnes affaires : là où le marché est moins liquide, celui qui sait chiffrer vite et proprement prend l’avantage. Ce guide déroule la méthode dans l’ordre réel des opérations. Pour la définition, les avantages et les risques de l’immeuble en tant que placement, voir le guide complet de l’immeuble de rapport.

Où trouver un immeuble de rapport à vendre

Les portails grand public n’en montrent qu’une partie, et la moins intéressante : les immeubles que les agences ont déjà proposés à leurs investisseurs habitués. Les sources qui produisent des résultats demandent plus de travail et moins de concurrence.

SourceCe qu’on y trouveComment s’y prendre
Agences locales, service « patrimoine » ou « investisseurs »Les immeubles de successions et de bailleurs qui arrêtentSe présenter comme acheteur financé avec un critère clair (nombre de lots, budget, secteur), rappeler tous les quinze jours
NotairesSuccessions, partages, ventes après tutelle, ventes interactivesRendez-vous avec les études du secteur ; consulter les annonces immobilières des notaires et les enchères en ligne (immo-interactif)
Ventes aux enchères judiciairesImmeubles saisis, souvent occupés et dégradésConsulter le cahier des conditions de vente au tribunal, visiter au créneau imposé, prévoir le paiement en 60 jours sans condition de prêt
Démarchage directImmeubles repérés en marchant : volets fermés, boîtes aux lettres sans noms, façade négligéeRetrouver le propriétaire via le cadastre et le service de publicité foncière, écrire une lettre simple, sans promesse de prix
Réseau d’artisans, syndics, gestionnairesLes immeubles dont le propriétaire ne suit plus les travauxLe couvreur et l’électricien du secteur savent avant tout le monde qui va vendre
Portails (SeLoger, Leboncoin, Bien’ici)Les immeubles déjà vus par tousAlertes sur « immeuble », « ensemble immobilier », « lot de X appartements », y compris les annonces mal classées en « maison »

Le bon critère de recherche n’est pas « immeuble de rapport forte rentabilité » — c’est le titre que mettent les vendeurs qui veulent vendre cher — mais un secteur précis, mesuré avec la méthode de la tension locative, et une typologie que le marché local absorbe : des T2 dans une ville étudiante, des T3 dans une ville de familles. Les analyses de villes du site donnent les ordres de grandeur, par exemple pour Chalon-sur-Saône, Mâcon ou Besançon.

Lire l’annonce : les sept chiffres à sortir avant d’appeler

Une annonce d’immeuble se traite en dix minutes, avec un tableau et sept questions. Si les sept réponses sont dans l’annonce, l’agent est sérieux. Si trois manquent, il faut les obtenir avant de se déplacer ; si le vendeur refuse de les donner, le déplacement est inutile.

  1. Le prix, et s’il est « FAI » ou « net vendeur » : sur 240 000 €, 5 % d’honoraires font 12 000 €.
  2. La surface habitable par lot, pas la surface totale : c’est elle qui fixe le loyer et la conformité (9 m² et 2,20 m minimum).
  3. Le loyer encaissé de chaque lot et sa date de dernière révision, pas le « loyer potentiel ».
  4. La taxe foncière : sur un immeuble, elle pèse souvent un mois de loyer, parfois deux.
  5. La toiture : année, entreprise, facture. « Refaite » sans facture n’a aucune valeur.
  6. Le chauffage : individuel électrique, individuel gaz, collectif — et qui paie quoi.
  7. Le DPE de chaque lot : un lot en G est inlouable depuis 2025, un F le sera en 2028.

À ces sept chiffres s’ajoute le calcul que vous faites vous-même, en trois lignes : loyers annuels divisés par le coût total (prix, frais de notaire, travaux estimés) pour le brut réel ; moins la taxe foncière, l’assurance, une provision d’entretien et 5 % de vacance pour le net ; moins la mensualité pour le cash-flow. Le simulateur de rentabilité locative le fait sur plusieurs lots et calcule l’impôt selon le régime. Sous 7 % brut sur coût total, on ne se déplace pas ; entre 7 et 9 %, on se déplace si une négociation est plausible ; au-dessus, on se déplace vite.

La visite : lot par lot, puis l’enveloppe

Une visite d’immeuble dure une heure et demie, pas vingt minutes. On demande à voir tous les lots, y compris les lots loués — un vendeur qui refuse l’accès à un logement cache soit un locataire difficile, soit un logement dégradé. On finit par les parties communes, les combles et la cave, parce que c’est là que se trouvent les 30 000 € que l’annonce ne mentionne pas.

Ce qu’on regardeCe qu’on note
Dans chaque lotFenêtres, salle d’eau, tableau électrique, traces d’humidité, état des sols, ventilationUn budget par lot : « à relouer en l’état », « rafraîchissement 5 000 € » ou « rénovation complète »
Les comblesSous-face de la toiture, charpente, isolation, traces de fuites anciennes, aménagement possibleSurface aménageable, hauteur, accès : un T2 de plus, ou pas
La cave et le rez-de-chausséeHumidité, réseaux d’eau (plomb ?), tableau général, compteurs, colonne montanteLe nombre de compteurs et leur état : un compteur à créer coûte 1 000 à 2 000 € par lot
La façade et la zinguerieFissures, enduit qui se décolle, gouttières, descentes, appuis de fenêtreUn échafaudage se loue une fois : on groupe façade, zinguerie et fenêtres
La cage d’escalierÉclairage, garde-corps, largeur, état des marches, porte d’entrée et interphoneCe que verra un futur locataire en premier, et ce qu’un assureur regardera après un accident
Le voisinageStationnement, commerces, bruit, état des immeubles voisinsLa relocation dans six mois, pas l’état actuel

On sort de la visite avec un budget en trois parties : les lots, l’enveloppe, les communs. On fait passer un couvreur et un électricien avant de faire l’offre, pas après le compromis : c’est le point qui change tout dans la négociation, et c’est la partie du travail que le guide des travaux détaille, devis par devis.

Immeuble déjà loué ou immeuble vide : le calcul aux loyers de marché

« Déjà loué, rentabilité immédiate » est l’argument le plus fréquent, et le plus trompeur. Vous reprenez les baux tels quels — loyer, durée, clauses, et parfois impayés — parce que la loi les transfère automatiquement à l’acquéreur. Un locataire en place depuis douze ans à 380 € dans un T2 qui en vaut 480 ne repartira pas, et son loyer ne pourra être réévalué qu’à la relocation, ou par la procédure de loyer manifestement sous-évalué au renouvellement.

  • Recalculez toujours aux loyers de marché, puis aux loyers réels. Si l’opération ne tient qu’avec les baux existants — parce qu’un loyer est au-dessus du marché ou parce que le vendeur a gonflé les chiffres — elle ne tient pas.
  • Exigez douze mois de quittances par lot, pas les baux seuls : un bail prouve qu’un contrat existe, une quittance prouve qu’il est payé.
  • Vérifiez les dépôts de garantie : ils passent à votre charge à l’acte. S’ils ne vous sont pas transférés, vous rembourserez de votre poche au départ des locataires.
  • Lisez les clauses : un bail meublé signé sans inventaire, une colocation sans clause de solidarité, un bail commercial au rez-de-chaussée avec un loyer figé sur neuf ans.
  • Un immeuble vide n’est pas un défaut : vous rénovez, relouez au prix du marché et choisissez vos locataires. C’est souvent le meilleur scénario quand les travaux sont de toute façon nécessaires, à condition d’avoir prévu six à douze mois sans loyers dans le financement.
Exemple : un T2 loué 380 € depuis 2014 dans une ville où il en vaut 480. Sur dix ans, l’écart représente 12 000 € de loyers. Si le vendeur présente l’immeuble « loué à 100 % », ce lot vaut moins qu’un lot vide, pas plus.

Négocier et faire l’offre : sur des devis, pas sur une impression

Une négociation d’immeuble se gagne avec des documents. « Il y a des travaux » ne vaut rien ; « voici le devis de toiture à 28 000 € et le devis d’électricité à 6 000 € » vaut 34 000 €, et le vendeur le sait. L’offre s’appuie sur trois pièces : votre calcul de rentabilité, les devis d’enveloppe, et la simulation de financement.

L’offre d’achat est écrite, datée, limitée dans le temps (huit à dix jours), et précise les conditions suspensives : l’obtention d’un prêt au montant, à la durée et au taux maximal indiqués — la loi impose un délai minimal d’un mois, prenez quarante-cinq à soixante jours ; l’absence de servitude ou de procédure grevant l’immeuble ; et, si l’opération dépend d’une division ou d’un changement de destination, l’obtention de l’autorisation d’urbanisme. Une offre acceptée par écrit engage les deux parties : ne l’envoyez pas pour « voir ».

Deux réflexes qui font gagner de l’argent. Le premier : proposer au vendeur de garder les dépôts de garantie en échange d’une baisse équivalente, quand il y a plusieurs locataires anciens — c’est neutre pour vous, et psychologiquement plus facile pour lui. Le second : négocier les honoraires d’agence à la charge du vendeur dans l’acte, ce qui réduit l’assiette des frais de notaire. Ce que coûte un accompagnement sur cette phase, et ce qu’il rapporte en négociation, est chiffré dans le guide du prix d’un accompagnement.

Financer l’achat d’un immeuble de rapport

Un immeuble, c’est un seul prêt, mais un prêt plus lourd, que la banque instruit avec plus d’attention. Elle regarde le taux d’effort après opération (35 % assurance comprise, loyers pondérés à 70 %), la durée (25 ans, 27 ans lorsque les travaux atteignent 10 % de l’opération), le reste à vivre, et la cohérence du projet : un dossier d’immeuble se présente lot par lot, avec les loyers de marché justifiés par des annonces comparables, les devis, et le calendrier de mise en location.

  • Travaux dans le prêt : toujours, pour l’enveloppe. Une toiture à 28 000 € sur 25 ans coûte environ 140 € par mois ; payée comptant, elle vide l’épargne qui sert de matelas en cas de vacance.
  • Différé : six à douze mois de différé partiel quand les lots ne seront loués qu’après travaux. La banque l’accorde d’autant plus facilement que le planning de chantier est joint.
  • Apport : pas obligatoire si le dossier tient ; les frais de notaire financés à 110 % restent accessibles pour un immeuble bien chiffré. Le détail dans le guide pour investir sans apport.
  • Courtier : utile au-delà de 200 000 € ou quand la banque habituelle refuse les immeubles : certaines n’en financent pas, d’autres en sont friandes.

Avant de chercher, le simulateur de capacité d’emprunt donne le plafond en deux minutes ; la simulation de prêt compare 15, 20 et 25 ans sur le même immeuble. Le modèle de dossier bancaire est dans la boîte à outils.

Du compromis à l’acte, puis les 90 premiers jours

Entre le compromis et l’acte, deux à trois mois. Le délai de rétractation de dix jours court à la réception du compromis. Le notaire vérifie les diagnostics de chaque lot, l’audit énergétique si l’immeuble est classé E, F ou G, les autorisations d’urbanisme des travaux passés (une division ancienne non déclarée se découvre souvent ici) et le transfert des baux et des dépôts de garantie. C’est le moment de relire chaque bail avec lui.

Le jour de l’acte, vous devenez bailleur de tous les lots. Les 90 jours qui suivent décident de la rentabilité des dix prochaines années.

  1. Semaine 1 : lettre à chaque locataire avec vos coordonnées, le nouveau RIB et le rappel du dépôt de garantie transféré ; assurance propriétaire non occupant sur l’immeuble entier ; relevé de tous les compteurs.
  2. Semaines 2 à 4 : lancement des travaux d’enveloppe en priorité, puis des lots vides ; déclaration préalable ou permis si nécessaire ; séparation des compteurs pendant que les artisans sont là.
  3. Mois 2 : mise en location des lots rénovés au prix du marché, avec le choix nu ou meublé fait lot par lot selon la fiscalité ; annonce test avant travaux pour mesurer la demande.
  4. Mois 3 : choix du régime fiscal (déclaration LMNP au greffe dans les quinze jours du début de la location meublée), mise en place du tableau de suivi, premier point sur le cash-flow réel contre le cash-flow prévu.

Ce qui suit — gestion en direct ou par agence, suivi des loyers, révision annuelle — est traité dans le guide des frais de gestion locative. Et si vous préférez ne pas être seul entre l’annonce et l’acte, c’est exactement le périmètre de l’accompagnement ImmoSuccess : les devis avant l’offre, lot par lot.

Questions fréquentes

Combien coûte un immeuble de rapport ?

Tout dépend du marché local. Dans les villes moyennes de Bourgogne-Franche-Comté ou d’Auvergne-Rhône-Alpes, un immeuble de trois à cinq lots se trouve couramment entre 150 000 et 350 000 € avant travaux, soit un prix au mètre carré souvent inférieur de 15 à 30 % à celui des appartements vendus séparément dans la même rue. Le bon repère n’est pas le prix total mais le coût total (prix, frais, travaux) rapporté aux loyers de marché.

Quels documents demander avant d’acheter un immeuble de rapport ?

Les baux et douze mois de quittances par lot, le montant des dépôts de garantie, les deux derniers avis de taxe foncière, les diagnostics de chaque lot et l’audit énergétique si l’immeuble est classé E, F ou G, les factures de toiture et d’électricité, le relevé des compteurs, et le règlement d’urbanisme si une division est envisagée. Un vendeur qui ne fournit pas les quittances n’a généralement pas de locataires qui paient.

Faut-il acheter un immeuble de rapport déjà loué ?

Oui si les baux sont au prix du marché et payés, non si l’opération ne tient qu’avec les loyers en cours. Vous reprenez les contrats tels quels, y compris un loyer figé sous le marché depuis dix ans. Le test : recalculer l’immeuble aux loyers de marché et vérifier qu’il tient encore. Un immeuble vide bien financé est souvent une meilleure affaire qu’un immeuble « loué à 100 % » avec des baux anciens.

Quelles conditions suspensives mettre dans une offre d’achat d’immeuble ?

L’obtention du prêt au montant, à la durée et au taux maximal indiqués, avec un délai de 45 à 60 jours ; l’absence de servitude, d’hypothèque non purgée ou de procédure en cours ; et, si l’opération dépend de travaux soumis à autorisation (division, changement de destination), l’obtention de cette autorisation. On peut ajouter la remise des quittances et des dépôts de garantie avant l’acte.

Peut-on acheter un immeuble de rapport sans apport ?

Oui, avec un dossier qui tient : loyers de marché documentés, devis d’enveloppe joints, taux d’effort sous 35 % en pondérant les loyers à 70 %, et un reste à vivre suffisant. Les banques financent plus facilement un immeuble bien chiffré à 110 % qu’un appartement mal présenté avec apport. Certaines banques ne financent pas les immeubles : un courtier fait gagner du temps.

Combien de temps prend l’achat d’un immeuble de rapport ?

De la première annonce à l’acte, comptez trois à six mois : deux à quatre semaines entre la visite et l’offre (le temps de faire passer un couvreur et un électricien), dix jours de rétractation après le compromis, puis deux à trois mois pour le prêt et les vérifications du notaire. Les ventes aux enchères sont plus rapides mais sans condition de prêt.

Faut-il créer une SCI pour acheter un immeuble de rapport ?

Pas par principe. La SCI se justifie pour acheter à plusieurs ou préparer une transmission, pas parce que le bien est un immeuble. Elle bloque la location meublée si elle est à l’IR, et la SCI à l’IS change complètement le calcul de la plus-value à la revente. Le comparatif LMNP ou SCI détaille les cas où elle sert, et ceux où elle coûte.

Sources

À lire aussi

Le socle : l’immeuble de rapport, le guide complet · Vue d’ensemble : l’investissement locatif de A à Z · Exemples chiffrés : les études de cas.

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Kévin Autin, fondateur d'ImmoSuccess
Kévin Autin, fondateur d'ImmoSuccess
5 ans sur les chantiers tous corps de métier, puis mandataire immobilier, aujourd'hui investisseur. J'accompagne des investisseurs en 1:1 avec ImmoSuccess, de la stratégie au premier loyer, avec plus de 3 M€ d'opérations accompagnées.

Une annonce d’immeuble sous les yeux ?

Vingt minutes pour sortir les sept chiffres ensemble et décider si ça vaut le déplacement.