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Simulateur LMNP : réel ou micro-BIC, le calcul qui change tout

À loyer identique, le même appartement meublé peut vous coûter 25 000 € d'impôts en huit ans, ou presque rien. Tout se joue sur le régime choisi, et sur ce qui se passe à la revente. Voici le calcul complet, sur un exemple réel, et le simulateur pour le refaire avec vos chiffres.

Par Kévin Autin · Mis à jour le 19 septembre 2026 · Fiscalité à jour
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Photo d’illustration : Lukas Blazek, via Pexels

L'essentiel

Un simulateur LMNP compare l'impôt au micro-BIC (abattement de 50 %) et au régime réel (charges, intérêts et amortissements déduits). Sur notre exemple, le réel réduit l'impôt de 22 000 € en huit ans. Mais les amortissements sont réintégrés dans la plus-value à la revente : seul l'enrichissement net, calculé revente comprise, permet de trancher.

Ce qu'un simulateur LMNP doit calculer

Beaucoup d'outils s'arrêtent à l'impôt de la première année. C'est la partie la plus flatteuse du réel, et la moins utile pour décider. Un calcul honnête intègre :

  • les loyers encaissés, après vacance locative ;
  • le crédit, assurance emprunteur comprise, et les frais de dossier ;
  • les charges du propriétaire, dont la CFE, due en meublé ;
  • les amortissements : le bâti hors terrain, les travaux et les meubles, chacun sur sa durée ;
  • l'impôt sur le revenu et les 18,6 % de prélèvements sociaux sur le bénéfice ;
  • l'impôt sur la plus-value à la revente, amortissements réintégrés ;
  • et, au bout, l'enrichissement net : cash-flow cumulé, capital remboursé et plus-value nette.

Micro-BIC ou réel : deux façons de calculer l'impôt

Micro-BICRégime réel
Base imposableLoyers − 50 % d'abattement (305 € minimum)Loyers − charges − intérêts − amortissements
Charges réellesNon déductiblesDéductibles
AmortissementsAucunDéduits, sans pouvoir créer de déficit : l'excédent est reporté
ComptabilitéAucuneLiasse fiscale, souvent confiée à un comptable
À la reventePlus-value des particuliersPlus-value des particuliers, amortissements réintégrés

Le micro-BIC reste réservé aux recettes sous 83 600 € de recettes annuelles, pour la location meublée de longue durée. Au-delà de 23 000 € de loyers meublés, et s'ils dépassent les autres revenus d'activité du foyer, on bascule en loueur meublé professionnel, un autre régime.

Un exemple chiffré, du premier loyer à la revente

Un appartement ancien loué meublé, entièrement financé à crédit :

HypothèseMontant
Prix, frais d'agence inclus95 000 €
Frais de notaire (ancien)8 153 €
Travaux15 000 €
Meubles6 000 €
Coût total du projet124 153 €
Crédit (100 % financé, 20 ans, 3,6 %, assurance 0,30 %)124 653 €, soit 760,52 € par mois
Loyer hors charges1 050 € par mois (10,1 % brut), + 1 % par an
Charges du propriétaire162 € par mois, + CFE de 660 € par an (réduite les deux premières années)
Tranche marginale d'imposition30 %
Reventeau coût du projet, sans plus-value de marché

Résultat, en revendant au bout de 8 ans, marge de sécurité de 6 mois de loyer déduite :

RésultatLMNP réelMicro-BIC
Impôt de la première année0 €3 062 €
Cash-flow par mois, première année+ 127 €− 128 €
Impôts cumulés sur 8 ans2 410 €24 442 €
Impôt sur la plus-value, revente après 8 ans14 176 €1 916 €
Enrichissement net après 8 ans27 632 €17 861 €

Au réel, l'amortissement efface l'impôt pendant plusieurs années et le bien dégage un cash-flow positif dès le départ. Au micro-BIC, l'impôt transforme le même bien en effort d'épargne mensuel. Sur 8 ans, l'écart d'enrichissement atteint près de 9 800 €, malgré un impôt de revente plus lourd au réel.

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LMNP réel ou micro-BIC : le match sur 8 ans — Bien à 124 153 € tout compris, loué 1 050 € par mois, revendu après 8 ans.
Bien à 124 153 € tout compris, loué 1 050 € par mois, revendu après 8 ans.

Pourquoi le réel coûte plus cher à la revente

Pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits au régime réel diminuent le prix d'acquisition retenu dans le calcul de la plus-value. Plus vous avez amorti, plus la plus-value imposable grossit : dans l'exemple, l'impôt de revente passe de 1 916 € à 14 176 €.

Ce n'est pas pour autant un argument contre le réel. L'économie d'impôt pendant la détention reste largement supérieure, et les abattements pour durée de détention réduisent la facture au fil des années. En revanche, cela change la date de revente idéale : c'est exactement ce que le simulateur de rentabilité locative montre, année par année, dans sa colonne « enrichissement net ».

Quand le micro-BIC peut suffire

Le micro-BIC garde du sens quand il y a peu à déduire : un bien payé comptant, sans travaux, avec des charges faibles, ou des loyers modestes pour lesquels les frais de comptabilité pèsent lourd. Il évite aussi la réintégration des amortissements à la revente.

Le plus simple reste de comparer les deux sur votre projet. Le simulateur calcule en même temps le LMNP réel, le micro-BIC, la SCI à l'IS, la location nue au réel et le micro-foncier, puis indique lequel enrichit le plus pour votre bien. Pour les autres paramètres du calcul, voyez aussi comment calculer la rentabilité locative et le cash-flow immobilier.

Choisir le régime, puis la bonne date de revente, fait partie des décisions qu'on chiffre ensemble dans la formation en investissement locatif : six mois en 1:1, jusqu'au premier loyer.

Bien saisir les amortissements dans un simulateur LMNP

L’amortissement est la variable qui fait tout le résultat du réel, et celle que les simulateurs traitent le plus approximativement. Trois règles à connaître pour saisir des hypothèses réalistes :

  1. Le terrain ne s’amortit pas. On retient en général 10 à 20 % du prix pour le terrain selon la localisation (davantage pour une maison, moins pour un appartement en immeuble). Seul le bâti, les frais d’acquisition rattachés et les travaux s’amortissent.
  2. Le bâti s’amortit par composants, chacun sur sa durée d’usage : gros œuvre 40 à 50 ans, toiture et façade 20 à 30 ans, installations techniques (électricité, plomberie, chauffage) 15 à 20 ans, agencements intérieurs 10 à 15 ans, mobilier 5 à 10 ans. Une durée unique de 25 à 30 ans sur l’ensemble donne une approximation acceptable pour une simulation, pas pour la liasse fiscale.
  3. L’amortissement ne crée jamais de déficit. Il ne se déduit qu’à hauteur du bénéfice restant après charges et intérêts ; l’excédent est reporté sans limite de durée sur les bénéfices futurs. C’est pour cela que l’impôt reste nul plusieurs années, puis réapparaît quand les intérêts diminuent et que le stock d’amortissements reportés s’épuise.
Sur l’exemple (124 153 € tout compris)Base amortissableDuréeAmortissement annuel
Bâti (95 000 € + 8 153 € de frais, hors 15 % de terrain)87 680 €25 ans3 507 €
Travaux15 000 €18 ans833 €
Meubles6 000 €10 ans600 €
Total≈ 4 940 € par an

Face à 12 600 € de loyers, 1 944 € de charges, 660 € de CFE et environ 4 400 € d’intérêts la première année, ces 4 940 € d’amortissement suffisent à ramener le bénéfice à zéro, avec un léger report. Le guide sur l’amortissement en LMNP détaille le calcul par composant et la façon de traiter les frais de notaire.

Les sept oublis qui faussent une simulation LMNP

Un simulateur LMNP n’est fiable que si ses hypothèses le sont. Les sept oublis qui faussent le plus souvent le résultat, dans l’ordre où on les rencontre :

  • Amortir le prix total, terrain compris. Cela gonfle l’amortissement de 10 à 20 % et fait durer artificiellement la période sans impôt.
  • Oublier la CFE. Le loueur en meublé est assujetti à la cotisation foncière des entreprises, souvent 300 à 800 € par an selon la commune, avec une base minimum. Elle n’existe pas en location nue.
  • Oublier la comptabilité. Le réel impose une liasse fiscale : comptez 400 à 900 € par an d’expert-comptable, déductibles mais bien réels, à mettre en face de l’économie d’impôt.
  • Compter les prélèvements sociaux à 17,2 %. Depuis 2026, les bénéfices de location meublée non professionnelle supportent 18,6 %. Les 17,2 % ne concernent plus que les revenus fonciers et les plus-values.
  • Croire que le déficit s’impute sur le salaire. En LMNP, un déficit BIC (hors amortissement) ne s’impute que sur les bénéfices de location meublée non professionnelle des dix années suivantes, jamais sur le revenu global. Seul le statut LMP le permet.
  • Simuler sans vacance locative. Un mois vide par an sur 1 050 € de loyer, c’est 1 050 € de recettes en moins et un bénéfice imposable plus faible, ce qui change à la fois le cash-flow et la date où l’impôt réapparaît.
  • S’arrêter avant la revente. La réintégration des amortissements dans la plus-value se joue à la sortie : un simulateur qui ne la calcule pas surestime l’enrichissement au réel de plusieurs milliers d’euros.

Ce qui change le résultat : TMI, loyer et durée

Le résultat de l’exemple (27 632 € au réel contre 17 861 € au micro-BIC après 8 ans) dépend de trois paramètres plus que des autres. Voici comment il bouge quand on les fait varier, en gardant toutes les autres hypothèses identiques et en arrondissant :

ParamètreLMNP réelMicro-BICÉcart
Exemple de référence (TMI 30 %)27 600 €17 900 €+ 9 800 € pour le réel
TMI 11 %≈ 28 600 €≈ 27 400 €≈ + 1 200 € : les deux régimes se valent presque
TMI 41 %≈ 27 100 €≈ 12 300 €≈ + 14 800 € : le réel devient indispensable
Loyer − 10 % (945 €)le bénéfice reste nul plus longtempsl’impôt baisse de 10 %l’écart se resserre légèrement

La leçon est simple : plus votre tranche marginale est élevée, plus le réel s’impose, parce que chaque euro déduit économise 29,6 %, 48,6 % ou 59,6 % selon votre TMI, prélèvements sociaux compris. À 11 %, l’économie ne compense plus toujours la comptabilité et la réintégration à la revente ; le micro-BIC redevient un choix défendable.

La durée de détention agit dans l’autre sens : au-delà de 8 ans, l’impôt sur la plus-value bénéficie des abattements pour durée de détention (exonération d’impôt sur le revenu après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans), ce qui atténue progressivement l’effet de la réintégration des amortissements. Le guide sur la plus-value en LMNP détaille ce calendrier, et le simulateur trace l’enrichissement année par année pour repérer la date de revente la plus favorable.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un simulateur LMNP ?

C'est un outil qui calcule, pour un bien loué meublé, l'impôt dû au micro-BIC et au régime réel, le cash-flow après impôt et, pour les plus complets, l'impôt sur la plus-value à la revente. Il permet de choisir le régime avec des chiffres plutôt qu'à l'intuition.

LMNP au réel ou micro-BIC : lequel est le plus avantageux ?

Le réel est souvent plus intéressant dès qu'il y a un crédit, des travaux ou des meubles à amortir, car charges, intérêts et amortissements réduisent fortement l'impôt. Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire de 50 % et peut suffire quand les charges sont faibles. Seul un calcul sur votre bien permet de trancher.

Les amortissements LMNP sont-ils réintégrés à la revente ?

Oui. Pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits au régime réel viennent réduire le prix d'acquisition retenu dans le calcul de la plus-value, ce qui augmente l'impôt à la revente. Certaines résidences de services en sont exclues.

Quels prélèvements sociaux sur les revenus LMNP ?

Les bénéfices de location meublée non professionnelle supportent 18,6 % de prélèvements sociaux, en plus de l'impôt sur le revenu. Les plus-values immobilières restent soumises à 17,2 %.

Faut-il un expert-comptable pour le LMNP au réel ?

Ce n’est pas obligatoire, mais la liasse fiscale et le tableau d’amortissement par composants sont difficiles à tenir seul. Comptez 400 à 900 € par an, déductibles du résultat. Cette dépense doit figurer dans la simulation, face à l’économie d’impôt du réel.

Le LMNP au réel est-il intéressant avec une TMI de 11 % ?

Beaucoup moins qu’à 30 %. Chaque euro déduit n’économise que 29,6 % (11 % + 18,6 %), et la comptabilité plus la réintégration des amortissements à la revente peuvent absorber l’avantage. Sur notre exemple, les deux régimes donnent presque le même enrichissement à 11 %.

Quelle part du prix peut-on amortir en LMNP ?

Le prix hors terrain, soit en général 80 à 90 % du prix d’un appartement, plus les frais d’acquisition rattachés, les travaux et les meubles. Chaque composant s’amortit sur sa propre durée, du mobilier (5 à 10 ans) au gros œuvre (40 à 50 ans).

Sources

  • Service-public, « Revenus d'une location meublée »
  • Exemple : calculs ImmoSuccess réalisés avec le simulateur de rentabilité locative (prêt à mensualités constantes, assurance sur le capital emprunté, bâti amorti sur 25 ans hors 15 % de terrain, travaux sur 18 ans, meubles sur 10 ans, CFE estimée au niveau de la taxe foncière). Résultats indicatifs, qui ne constituent pas un conseil en investissement ni un conseil fiscal.
  • Photo d’illustration en tête d’article : Lukas Blazek sur Pexels, utilisée selon la licence Pexels.

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Kévin Autin, fondateur d'ImmoSuccess
Kévin Autin, fondateur d'ImmoSuccess
5 ans sur les chantiers tous corps de métier, puis mandataire immobilier, aujourd'hui investisseur. J'accompagne des investisseurs en 1:1 avec ImmoSuccess, de la stratégie au premier loyer, avec plus de 3 M€ d'opérations accompagnées.

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